La Mongolie est vraiment a la hauteur de nos reves. Nous en avions entendu tellement de bien que nous craignions un petit peu d'etre decus mais au contraire, nos 15 premiers jours nous ont enchantes...
Ulan Baator est une capitale tres agreable et nous avons pris le temps de la visiter un peu plus que nos villes precedentes. Hormis ses quartiers de "gers" (yourtes) et son celebre Marche Noir aux mille et unes merveilles, elle a offert a Guillaume ses premiers temples boudhistes. Ce qui est tjs une decouverte assez ensorcelante!
Nous sommes arrives, en fin d'apres-midi et les gens etaient assis avec des moines qui leur lisaient des textes, an allumant de l'encens pendant que les gens patientant faisaient tourner les cylindres dores des prieres (dans le sens des aiguilles d'une montre, tjs!)!
Nous sommes ensuite partis avec un petit groupe dans le parc national de Terelj. Le site etait magnifique, avec des rochers tout droit sortis de Lucky Luke, mais la ballade en cheval s'est revelee un peu fastidieuse (seul mon cheval acceptait d'accelerer quand je le lui demandais) et notre 1ere nuit en yourte a ete, sinon catastrophique, du moins memorable.
Le gars du campement est venu nous mettre du bois vers 19h mais au lieu de chauffer normalement la yourte, la temperature est montee au moins jusqu'a 45deg et nous nous sommes retrouves dans un veritable sauna (nos camarades de yourte etant suedoises, peut-etre y etaient-elles pour qqchose!!!). Bref, dans une nuit a 5deg, nous nous sommes retrouves en culotte/calecon, porte ouverte a essayer de prendre un peu de frais sans attraper de pneumonie... On s'en rappelera.
Apres cela et grace a nos contacts avec AVSF (Agro et Vetos Sans Frontieres), nous sommes partis en bus rejoindre A Tsetserleg, le responsable de la federation des eleveurs de l'Arankai, vaste region montagneuses de Mongolie Centrale.
Nous avons passe une semaine complete dans les steppes, avec des eleveurs. Ils etaient installes dans leurs fermes d'hiver (3 ou 4 yourtes + qqs enclos) et nous avons bien pu partager leur travail, essentiellement la traite et la transformation du lait, et voir la preparation des divers produits laitiers :
- tout d’abord, le lait qui sert notamment dans le the sale offert a tout visiteur,
- ensuite, la creme qui, compactee sur plusieurs semaines, constitue le fameux "beurre de yack", venant parfumer le the et surtout, pour notre part, lui donner un cote gras et ecoeurant,
- le "tarak bour", succulent yaourt,
- les fromages, qui representent la base de l’alimetation et sont avales tout au long de la journee : le "beslac" a pate molle, le "tsaga aros" sucre et l’"aros" sale mais tres dur, coupe a l’aide de la fameuse invention mongole le "fil a couper le fromage"... et seche sur le toit de la yourte.
- et enfin, leur "vodka" locale, distillee a partir de lait fermente et grace a un astucieux procede d’assemblage de woks et de casseroles, permettant la condensation de cette precieuse liqueur a l’odeur de poils de yacks...
Hormis ces activites quotidiennes, nous avons coupe du bois (a la hache, j'adore!!!), mener les moutons aux rares paturages, fait du cheval (avec nos belles bottes et les manteaux qu'ils nous pretaient, nous etions de fiers cavaliers des steppes), cousu des tapis en laine de mouton, arrache les dents de lait des chevaux et meme conduis des chars-a-yacks pour aller chercher du bois.
C'etait vraiment tres interessant de vivre qqs jours avec ces veritables nomades et de voir exactement le fonctionnement de ce mode de vie. Malheureusement, nous en avons aussi percu les limites, car le nomadisme rend difficile tout organisation, que ce soit la creation de reseaux commerciaux ou l’utilisation de bouses sechees comme combustible et la deforesation menace grandement ce mode de vie.
Maintenant, nous sommes de retour chez notre merveilleux hote Ulrich (c'est agreable d'avoir un peu l'impression d'avoir un petit chez soi!!) et allons essayer de partir faire un tour dans le Gobi pour voir les eleveurs de chameaux. Mais il risque d'y faire encore plus froid. Et meme si nous avons bien supporte les nuits a 1 ou 2deg, dans la yourtes, je ne sais pas ce que ca donnera si la temperature interieure descend en dessous de 0!!!
LES ANECDOTES
Une journee differente mais pas tres excitante:
Pour mes 27 ans, je n'ai pas ete tres chanceuse. La journee a ete grise, froide et venteuse et hormis ma 1ere traite de yack le matin, nous n'avons pas fait grand chose de la journee... Quand il fait mauvais, c'est rapatriement dans les yourtes.
Mais, en cadeau, j'ai eu le droit a plein de fromages! Cool, cool, cool.
Dark Vador :
La langue mongole est vraiment tres differente de tout ce que nous avons pu entendre auparavant. Elle comporte un grand nombre de sons en tch et xss et rrch et Guillaume aime particulierement leur maniere de dire oui qui ressemble exacteent a la respiration du fameux Seigneur Sith!!
Bus :
Les routes mongoles sont parsemees d'embuches mais la plus grande reste l'iexperience du chauffeur. En effet, lors de notre aller vers Tsetserleg, nous en avons fait les frais : 11h de route en raclant sans cesse l'avat et l'arriere du bus sur la terre gelee.
Nous pensions cela normal avant notre retour qui se fit en 8h30 et sans heurts majeurs.
Deco des yourtes :
Les yourtes en elles-memes sont deja des vraies oeuvres d'art mais leur deco est encore plus hallucinante. Les meubles a dominante orange sont richements colores et on y trouve plein d'objets insolites, tel une tete de cheval depecee qui tronait au pied de notre lit, une collection de chevaux en faience ou encore un superbe coucou suisse...
Pasteque et sac de couchage :
L'une des femmes de la yourte aura bcp apprecie notre passage et les decouvertes liees. En effet, c'aura ete pour elle, l'occasion de decouvrir la pasteque ;fruit que nous avions ammene et qu'il a fallu lui prendre des mains pour qu'elle ne mange pas la peau; et les sacs de couchage. Elle a paticulierement apprecie le petit gadget qui permet de resserer la capuche (jusqu'a le casser d'ailleurs!!!). Une vrai experimenteuse...
Priere moderne :
Dans le petit temple de Tsetserleg, nous suivions assiduement les hoummmm... montee... rantee... hoummmm.. du moine qui nous initiait a la zenitude quand nous fumes interrompus, proche du nirvana, par la moins medidative sonnerie de son telephone portable. On echappe pas a la modernite si facilement!
Une vraie briseuse de buche :
Celia aura pris beaucoup de plaisir a lancer sa hache de toute ses forces sur les differentes buches sous le regard amuse de nos hotes.