Des lamas et des condors dans le Colca, on est bien chez Zia...
L'arrivee au Perou nous met tout de suite dans l'ambiance. Les bus ont du retard, les petits boui-bouis fleurissent au bord des routes, les visages sont plus bronzes et souriants, et la musique andine nous resonne dans les oreilles...
Le Perou, qui nous a tant fait rever, nous ouvre grand ses portes, a commencer par le charmant hotel des Postigo, La Maison d'Elise. Daniel, le patron peruvien, est le mari de Annie, la directrice du lycee de Menimur. Avant de partir nous l'avions rencontree rapidement au lycee, et elle nous avait assure de son soutien pour notre projet. Mais nous ne nous attendions pas a etre si bien recus...
Une belle chambre, des petits dejeuners gargantuesques et surtout une reserve de contacts extraordinaire pour nous emmener au coeur des Andes rencontrer les fameux Quechas, eleveurs de lamas.
Avant de partir pour le canyon du Colca, le plus profond du monde, Daniel nous conseille de nous acclimater tranquillement aux 2500m d'altitude d'Arequipa.
N'attendant pas grand chose de cette ville, nous sommes plus qu'agreablement surpris. Cette "ville blanche" aux pierres immaculees reserve de tres belles surprises : des eglises aux facades sculptees teintees de syncretisme avec les vieilles traditions incas, des petites places mignonettes ou il fait bon trainer autour d'un ceviche, un marche vivant aux fruits delicieux et aux fromages incroyablement bons(-marché)...
Au gre de nos vagabondages, Arequipa nous devoile peu a peu ses tresors et enfin son "joyau" : la creche de Carlos Llosa. En effet, depuis plus de 20 ans, Annie s'occupe d'une petite association franco-peruvienne qui offre, aux familles defavorisees des Pueblos Jovenes (les bidonvilles peruviens), un service de creche pour les enfants de 0 a 5 ans, pour que les parents, souvent de meres celibataires, puissent aller travailler.
Invites a aller les visiter, nous passerons une belle journee a jouer avec ces gamins attachants. Etrange ressemblance avec notre sejour venezuelien, pleins de souvenirs nous reviennent en tete et nous pouvons partir gonfles d'energie pour le Colca.
Et il nous en faudra pour resister aux variations d'altitude. Un passage de col a plus de 5000m (plus haut que notre cher Mont-Blanc...), et une descente dans les profondeurs du canyon a 3500m parmi les magnifiques terrasses millenaires heritees des incas.
Dans une petite auberge typique, nous nous acclimaterons tranquillement en nous balladant a la recherche des fameux condors (incontournables pour tous les touristes a la Cruz del Condor) et entre les terrasses qui offrent un panel de couleur plus sec qu'a Bali mais tout aussi grandiose. Sur les chemins, nous discuterons tranquillement avec des femmes aux vetements colorees et au visage burines (Quel bonheur de parler castillano...) et nous cheminerons aux cotes d'un papa et de son ane, fidele compagnon dans ces contrees escarpees.
Mais, c'etait deja la fin des vacances; et grace aux contacts de Natalio, le pere de famille de notre auberge, notre reveil sonnait a 3h du matin alors que la fraicheur de la nuit venait a peine de s'installer, pour une ascension vers l'altiplano.
Guides par Mario et ses anes, qui heureusement portaient nos sacs..., nous attaquons les 1000m de denivele. Nous traversons des paysages fantastiques alors que le soleil pointe ses premiers rayons, mais nous en chions grave... L'altitude, la raideur du chemin, la petite nuit, tout cela se combine pour nous faire regretter notre expedition. Mais, apres des pauses toutes les 5mn sur la fin, qui m'ont rappele certains passages du GR20, nous decouvrons enfin la bergerie de Jaime, qui nous accueille tout sourire.
Extraordinaire Jaime, qui nous devoilera tous les secrets de son metier et repondra a toutes nos questions sur cet elevage particulier. Avec son collegue Jose (qui ne parle que Quechua, ce qui occasionnera des echanges plutot comiques...), ils elevent environ 50 lamas, 250 alpagas et une centaine de moutons. Agglutines dans leurs enclos de pierre seche, ils nous defient de leur air hautain qui n'est pas sans rappeler les chameaux de Bactriane. C'est actuellement la saison des mises-bas (comme chez les Bauche...), et des petites boules de poils tetent allegrement de leur long cou deguingande. So cuuuttte...!!
Apres une petite sieste au soleil pour se remettre de la grimpette, nous suivons le troupeau dans les alpages (ou plutot andinages, comme dirait Cel) et decouvrons le travail quotidien de ces eleveurs : crapahuter toute la journee sous le soleil pour canaliser le troupeau, ramasser le maigre bois de chauffage ou puiser l'eau a la source...
Nos petites jambes et nos poumons de bretons en prendront un bon coup et nous en ressentons encore aujourd'hui les courbatures. Mais cette experience fut une des plus belles depuis notre depart, meme si elle fut aussi la plus rustique. Il fait qd meme bien froid la nuit tout la-haut, et les petites cabanes de pierre de Jaime et Jose n'ont pour chauffage qu'un maigre foyer alimente aux crottins de lama, qui fait plus de fumee que de chaleur. Et notre "maison" a nous, n'en a elle pas du tout, et malgre les epaisseurs de peaux de betes, nos nuits seront bien fraiches. Mais les journees extraordinaires.
Acclimates le lendemain, nous pourrons a notre tour jouer les bergers. Pendant que Jaime s'occupe des males, nous essaierons de reguler un troupeau indiscipline dont la diversite sucite bien des soucis. Les lamas voulant toujours monter, les alpagas jouant les trainards et les moutons fideles a eux-meme se suivant aveuglement dans la bonne comme dans la mauvaises direction...
Nous nous autoriserons qd meme une petite sieste au bord de l'eau et une pause coca (la vraie, pas le pastiche yankee) pour faire passer le petit mal de crane lancinant lie a l'altitude.
Au terme de ces 3 jours et apres une descente ultra-rapide (on tient maintenant une forme olympique), guides par Beethoven, le chien de Jaime, nous etions bien heureux qd meme de nous prelasser dans les bains thermaux de Yanque.
De retour a Arequipa, nous retrouvions le confort de la Maison d'Elise, et attendons un ravitaillement qui doit venir de France, avant de partir pour la ville imperiale de Cusco.
Fini le boulot, place au tourisme et au fameux Machu Picchu...
Mais avant de vous quitter, un peu d'ANECDOTES toutes chaudes
Ca aboie sur les toits:
Dans les rues d'Arequipa, il faut s'attendre a se faire regulierement aboyer dessus. Mais ici, le plus impressionnant c'est que ces aboiements viennent du ciel. Et oui, les chiens sont parques sur les terrasses au toit plat et invectivent regulierement les passants ou les milliers de taxis Daewoo Tico (comme au Kirghizstan...).
Chez le dentiste, comme au cine:
Si cela vous fait triper de regarder qq'un se faire triturer les molaires ou si vous aimez faire profiter aux passants de votre detratrage, venez chez le dentiste au Perou, vous pourrez vous faire examiner a la vue de tous derriere de larges baies vitrees ouvertes sur la rue. Miam, miam...
Au pays des Cites d'Or:
Ca fait quand meme quelque chose, pour nous qui avons grandi avec Esteban, Zia et Tao, de se retrouver au milieu de ces paysages, a regarder voler les condors... Un peu de nostalgie enfantine vient bourdonner autour de nous.
Un condor ne fait pas le printemps:
Au cours d'une gentille discussion au coucher de soleil avec une petite fille qui nous recitait ses poemes de fete de meres, un condor nous survola gratieusement dans un ciel d'un bleu pur. Cette petite fille nous annonce alors que cela signifie qu'il pleuvra bientot. Vu que nous n'avions plus vu un nuage depuis pres de 2 semaines, nous y croyions a peine... mais cela s'est verifie 3 jours plus tard et de gros nuages ont envahi la vallee de Colca, lachant meme qqes gouttes sur les footeux de Chivay.
Elle est dure la loi du foot:
Ici comme dans tous les pays d'Am du Sud traverses, le foot est roi... Mais qd on vient d'un petit village andin de 200 habitants il est parfois dur d'aligner une equipe complete pour jouer contre la grande ville du coin. A Chivay, les 8 joueurs de Coporaque ont eu bien du mal a contenir les assaults de leur 11 adversaires. Resultat, 5-0 pour les locaux qui, malgre leur superiorite numerique, etait bien domines sur le plan individuel. Mais difficile de lutter a 8 contre 11...
Quinoa et souvenirs:
Juste une speciale dedicace a Tom, Gege et Lou. Nous nous regalons tjrs en pensant a vous en mangeant du quinoa a toutes les sauces. Cerales soufflees le matin, puree pimentee le midi ou soupe le soir, cette petite cereale nous plait de plus en plus depuis que vous nous l'avez fait decouvrir.